
OpenAI déploie GPT-6 Astra, un modèle capable d’agir seul sur un ordinateur pour des tâches complexes, du codage à la cybersécurité. L’entreprise assume désormais le terme d’AGI, tout en limitant son accès et en renforçant les garde-fous.
Après la suspension temporaire d’Astra en août 2026 en raison de ses capacités en cybersécurité, OpenAI relance son modèle phare avec une version « alignée » et des restrictions ciblées.
Un modèle qui agit, pas seulement qui répond
GPT-6 Astra marque un tournant : il ne se contente plus de générer du texte ou du code, mais exécute des actions directement sur un ordinateur. Via l’application ChatGPT de bureau (Mac, Windows, Linux), il clique, navigue, remplit des formulaires, installe des logiciels ou met à jour des fichiers, en analysant des captures d’écran. Sur macOS, un curseur bleu signale son activité ; sur Windows, il prend la main sur le bureau. Sur Linux, il se limite aux commandes shell et à la manipulation de fichiers.
Pour activer ces fonctions, il faut autoriser l’enregistrement d’écran et l’accessibilité, puis valider programme par programme. Astra demande une confirmation avant les actions sensibles et ne peut pas piloter un terminal, valider une demande d’administrateur ou contrôler ChatGPT lui-même. Une option « locked use » permet même de l’utiliser sur un Mac verrouillé, depuis un smartphone.
Des performances records, mais des limites assumées
OpenAI vante des scores inédits : 98 % sur FrontierMath Tier 4 (résolution de problèmes mathématiques ouverts), 99,9 % sur ARC-AGI-3 (test d’intelligence générale) et 100 % sur ExploitBench (exploitation de vulnérabilités informatiques). Astra domine aussi OSWorld, un benchmark de contrôle d’ordinateur, avec 72,6 % de réussite contre 65,7 % pour GPT-5.6 Sol, en divisant par deux le temps passé par tâche.
Pourtant, ces chiffres dépendent du « harnais » de test utilisé. Avec le harnais standard, commun à tous les modèles, Astra retombe à 62,7 % sur ARC-AGI-3, tandis que les humains résolvent 100 % des niveaux. Sur DeepSWE (évaluation en codage), il plafonne à 74,1 %, juste devant GPT-5.6 Sol (72,7 %) et au coude-à-coude avec Claude Opus 5 ou Gemini 3.8 Flash.
Cybersécurité : un seuil « critique » et des garde-fous renforcés
GPT-6 Astra est le premier modèle d’OpenAI à atteindre le seuil « critique » en cybersécurité selon son propre cadre d’évaluation. En test, il a réussi à exploiter des vulnérabilités inconnues pour exécuter du code arbitraire dans des navigateurs ou systèmes durcis, et a identifié deux failles zero-day. La version grand public refuse désormais les tâches de sécurité avancées, et un mécanisme peut interrompre une tâche via l’API si elle est jugée risquée.
Jakub Pachocki, scientifique en chef d’OpenAI, reconnaît que ce type de modèle « peut très bien atteindre un objectif tout en agissant contre l’intention voulue ». Sam Altman, le PDG, rappelle que l’entreprise s’engage à « freiner » si les capacités des modèles dépassent le rythme de la sécurité et de l’alignement.
Disponibilité et coût : une montée en puissance progressive
GPT-6 Astra est déployé par vagues : d’abord aux clients spécialisés en cybersécurité, puis aux abonnés Pro, Business et Enterprise (à partir de 100 $/mois), avant d’atteindre les abonnés Plus (20 $/mois). Il est aussi accessible via l’API OpenAI et AWS. Les utilisateurs Pro, Business et Enterprise ont droit à une version « Pro » d’Astra, avec des capacités étendues.
Côté tarif, Astra coûte 10 $ le million de tokens en entrée et 50 $ en sortie via l’API, soit une hausse de 150 % par rapport à GPT-5.6 Sol. Sa fenêtre de contexte atteint 1,05 million de tokens, ce qui lui permet de conserver le fil d’une longue session sans perdre les consignes initiales.
À découvrirOpenAI suspend Astra : son modèle IA trop performant en cybersécurité
OpenAI assume l’AGI, mais les benchmarks nuancent
Pour la première fois, OpenAI utilise le terme AGI (Intelligence Artificielle Générale) pour décrire Astra. Greg Brockman, président de l’entreprise, affirme que le modèle a atteint ce stade, défini par OpenAI comme un système capable d’égaler l’intelligence humaine pour des tâches cognitives. Pourtant, sur les classements d’Artificial Analysis (v4.1.1), Astra reste derrière Claude Fable 5.1, Claude Opus 5, Muse Spark 1.3 (Meta) et Claude Fable 5, tant sur l’Intelligence Index que sur le Coding Agent Index.
« Anything you can do on a computer, Astra can do for you. Fast. » — OpenAI, publication officielle
Avec GPT-6 Astra, OpenAI franchit une étape : l’IA ne décrit plus, elle agit. Reste à voir si les garde-fous suffiront à contenir un modèle dont les créateurs reconnaissent eux-mêmes les risques. La bataille des benchmarks, elle, est loin d’être terminée.
Sources
Futura — GPT-6 atteint un niveau « critique » et inquiète OpenAI
Presse-citron — ChatGPT : GPT-6 Astra peut tout faire à votre place
Frandroid — Du « vibe coding » au « vibe doing » : GPT-6 Astra pilote un PC comme un humain
9to5Mac — OpenAI releasing major upgrade to ChatGPT and Codex with GPT-6 Astra




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