
Meta déploie une mise à jour pour bloquer les enregistrements clandestins via ses lunettes connectées, tout en lançant une campagne publicitaire pour rappeler l’existence de la LED d’avertissement. Une réponse aux critiques sur leur surnom de « lunettes de pervers ».
Une faille triviale, mais efficace
Les lunettes connectées Ray-Ban de Meta intègrent une LED qui s’allume dès qu’un enregistrement vidéo ou photo est lancé. Jusqu’à présent, il suffisait de lancer la capture puis de couvrir la LED avec un simple morceau de scotch pour filmer discrètement. Meta avait déjà bloqué les tentatives de désactivation de la LED avant le démarrage de l’enregistrement, mais cette faille persistait.
Le 28 août 2026, Alex Himel, vice-président de la réalité augmentée chez Meta, annonce sur Threads le déploiement d’un correctif : « la caméra cessera désormais de fonctionner si le voyant est masqué pendant un enregistrement ». Selon lui, « seuls une infime minorité de personnes tentent de contourner ces protections, et le fait qu’elles doivent en arriver là montre que nos efforts portent leurs fruits ».
Un contexte sous haute tension
La réputation des lunettes connectées de Meta est mise à mal. En Europe, les régulateurs examinent les risques liés à la vie privée, et l’Allemagne envisage une interdiction après une plainte pour violation de ses lois strictes sur la protection des données. Le Conseil européen de la protection des données doit publier un rapport cet été pour encadrer l’usage de ces appareils dans l’UE.
Aux États-Unis, une action collective accuse Meta de mensonge publicitaire. Les plaignants estiment que les promesses de confidentialité sont trompeuses : les vidéos capturées par les lunettes seraient en réalité analysées par des annotateurs humains au Kenya, sans que les utilisateurs ou les personnes filmées en soient informés. Parmi les exemples cités, une vidéo d’une femme se déshabillant, filmée à son insu par des lunettes posées sur une table de chevet, aurait été envoyée à l’étranger pour entraîner des modèles d’IA.
Une campagne pour rassurer
En parallèle de la mise à jour, Meta lance une campagne de sensibilisation. À Los Angeles, une affiche montre une utilisatrice des lunettes avec la légende : « La caméra vous permet de capturer l’instant. La lumière permet à chacun autour de vous de savoir quand vous le faites. » Le message se veut clair : « Conçues pour tous. Pas seulement pour ceux qui les portent. »
Meta supprime également les publicités et annonces Marketplace proposant des services de désactivation du voyant, avec des sanctions pour les comptes concernés. Un marché parallèle s’était développé aux États-Unis, où des prestataires proposaient pour une centaine de dollars de percer la protection de la LED, de la détruire, puis de reboucher le trou avec de la résine durcie aux UV.
Sur son site dédié à la confidentialité, Meta affirme que si la LED est couverte, altérée ou détruite, la caméra est automatiquement désactivée. Le site précise aussi que « vous, et vous seul », pouvez voir les photos et vidéos capturées — une affirmation contredite par les révélations sur les annotateurs humains.
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Ce que ça change (et ce que ça ne change pas)
- La caméra s’arrête si la LED est masquée pendant un enregistrement, comblant une faille simple mais efficace.
- Meta renforce sa communication sur le rôle de la LED, mais les risques de contournement (modifications matérielles, stickers semi-transparents) persistent.
- Les régulateurs européens et les plaignants américains maintiennent la pression, exigeant plus de transparence sur le traitement des données.
Meta agit sur deux fronts : technique et communication. Mais les questions sur la collecte et l’exploitation des données, ainsi que les risques de surveillance de masse, restent entières. La bataille pour la confiance des utilisateurs et des régulateurs est loin d’être gagnée.


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