
Le gouvernement français annonce une riposte renforcée face à la vague de piratages qui touche ses administrations. Mais les données volées à la DGFiP et à l’Éducation nationale sont déjà en vente sur le dark web, et les campagnes de phishing ont commencé.
Deux ministères touchés, des millions de données exposées
Le groupe ZeroBytes a revendiqué mardi 18 août 2026 un piratage massif des systèmes du ministère de l’Éducation nationale, après celui de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) début août. Selon ses déclarations, 346 millions de lignes de données brutes auraient été exfiltrées, sans détection immédiate. Le ministère avait déjà reconnu le 31 juillet une intrusion « il y a quelques semaines », sans préciser l’ampleur.
À la DGFiP, l’intrusion de fin juin 2026 a permis le vol de données fiscales de 678 000 particuliers et professionnels, ainsi que des informations cadastrales concernant 200 000 comptes. Les identifiants et mots de passe ne seraient pas compromis, mais les noms, revenus fiscaux de référence, quotients familiaux et taux de prélèvement à la source sont en circulation. L’Éducation nationale, déjà victime de fuites en mars (243 000 enseignants) et avril (3,5 millions d’élèves), confirme une nouvelle fois son exposition.
Les données déjà monétisées, le phishing en hausse
Dès le 12 août, les données de la DGFiP étaient mises en vente sur un forum cybercriminel, suivies le 17 août par celles de l’Éducation nationale. Des échantillons ont été partagés, et les experts d’Avast confirment que ZeroBytes cherche à écouler ces informations. « Le vrai risque ne réside pas uniquement dans les données elles-mêmes, mais dans ce que les cybercriminels peuvent en faire », explique Iskander Sanchez-Rola, cadre chez Avast.
Les fraudeurs exploitent déjà ces données pour des campagnes de phishing ciblées, en se faisant passer pour des administrations. Les messages, plus crédibles grâce aux informations réelles, incitent à cliquer sur des liens ou à transmettre des données supplémentaires. La DGFiP a publié un modèle de mail légitime pour aider les citoyens à distinguer les vraies alertes des tentatives d’arnaque.
La réponse du gouvernement : cellule de crise et audits
Face à l’urgence, le gouvernement a activé une cellule interministérielle de crise présidée par Sébastien Lecornu. Un audit sur la sécurisation des systèmes de la DGFiP a été demandé. La CNIL, saisie des violations, vérifie la conformité des mesures de sécurité et pourrait prononcer des sanctions en cas de manquements au RGPD.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ». Les ministères concernés assurent renforcer leurs systèmes, mais le mode opératoire reste le même : détection tardive, communication minimaliste, puis révélation publique forcée par les pirates.
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Que faire si vous êtes concerné ?
- Ne pas cliquer sur les liens ou répondre aux mails suspects, même s’ils semblent officiels.
- Se connecter directement sur impots.gouv.fr ou le site de l’Éducation nationale pour vérifier les alertes.
- Contacter le numéro officiel de la DGFiP (0809 401 401) en cas de doute.
- Surveiller les tentatives de phishing, qui pourraient exploiter des données croisées (fiscales, cadastrales, scolaires).
« Si vous recevez une demande inattendue concernant vos impôts, l’établissement scolaire de votre enfant ou tout autre service public, ne cliquez pas sur le lien contenu dans le message. » — Iskander Sanchez-Rola, expert en cybersécurité chez Avast
La riposte gouvernementale s’organise, mais le mal est déjà fait. Les données sont en vente, et les cybercriminels ont de quoi alimenter des campagnes de fraude pendant des mois. La question n’est plus de savoir si les systèmes sont vulnérables, mais combien de temps il faudra pour les sécuriser durablement.
Sources
Journal du Geek — Piratage massif de l’Éducation nationale revendiqué par ZeroBytes
CNIL — Piratage du système d’information des impôts : les vérifications sont en cours
Numerama — Piratage des impôts : la DGFiP montre à quoi ressemble le vrai mail légitime d’alerte
Numerama — Piratage du site des impôts : les signalements individuels ont débuté


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