
Des chercheurs britanniques ont conçu un plastique qui se dégrade en gaz à 90 °C, puis se reforme à température ambiante. Une première qui ouvre la voie à des matériaux plus faciles à recycler, sans passer par des procédés chimiques lourds.
Un polymère qui passe de solide à gazeux, puis revient en arrière
L’équipe de l’Université de Surrey a synthétisé un polymère inédit, le poly(1,2-dithiolane), capable de se décomposer en vapeur à des températures relativement basses (environ 90 °C), avant de se reconstituer naturellement une fois refroidi. Contrairement aux plastiques classiques, qui nécessitent des températures proches de 200 °C pour commencer à se dégrader, ce matériau évite la phase liquide et passe directement de l’état solide à l’état gazeux.
Cette propriété permet aussi d’éliminer en une seule étape de chauffage les colorants intégrés au plastique. Aujourd’hui, supprimer ces additifs dans les déchets plastiques exige des traitements chimiques supplémentaires, coûteux et énergivores.
Une avancée pour une économie circulaire, mais pas une solution miracle
Peter Roth, ingénieur chimiste à l’Université de Surrey, souligne que ce plastique n’est pas un substitut aux matériaux conventionnels, ni une réponse au problème mondial des déchets. Il s’agit plutôt d’une preuve de concept : « Nous avons démontré qu’il est possible de créer un matériau au comportement très différent, capable de se transformer en vapeur à des températures relativement basses avant de se reconstituer pour former le même polymère. »
« Ce n’est pas un substitut aux plastiques conventionnels, et ce n’est certainement pas une solution au problème mondial des déchets plastiques. Mais cela introduit un nouveau concept qui pourrait inspirer une toute nouvelle génération de matériaux circulaires. » — Peter Roth, ingénieur chimiste à l’Université de Surrey
Touseef Kazmi, auteur principal de l’étude publiée dans Macromolecules, ajoute : « Si nous parvenons à maîtriser cette chimie, cela pourrait à terme mener à de nouveaux matériaux plus faciles à appliquer, à retirer et à recycler que bon nombre des plastiques actuels. »
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Un contexte de pollution plastique toujours critique
L’humanité produit plus de 400 millions de tonnes de plastique chaque année, selon le rapport 2024 du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Une grande partie finit dans la nature, avec des conséquences néfastes pour l’environnement et la santé humaine.
Ce polymère innovant ne résoudra pas à lui seul la crise des déchets plastiques, mais il montre qu’une autre voie est possible. La prochaine étape consistera à valider son passage à l’échelle industrielle et son intégration dans des applications concrètes.
GEO — Un plastique qui disparaît à la chaleur puis se reforme tout seul


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