
En 1965, les États-Unis ont placé un réacteur nucléaire en orbite. Soixante ans plus tard, il tourne toujours autour de la Terre, et ses débris radioactifs mettront 2 000 ans à disparaître. Aucun plan ne prévoit de les récupérer.
Un réacteur Snapshot en apesanteur
Le 3 avril 1965, les États-Unis lancent le satellite SNAP-10A depuis la base de Vandenberg, en Californie. À son bord : un réacteur nucléaire de 45 kg, conçu pour alimenter des missions spatiales de longue durée. Le système, baptisé Snapshot (Systems for Nuclear Auxiliary Power), est le premier et le seul réacteur nucléaire à fission jamais activé en orbite terrestre.
Le réacteur fonctionne pendant 43 jours, produisant 500 watts d’électricité, avant qu’une panne électrique ne l’éteigne prématurément. Malgré cet arrêt, le satellite reste en orbite à environ 1 300 km d’altitude, où il tourne encore aujourd’hui.
2 000 ans de débris radioactifs
Le SNAP-10A embarque 1 kg d’uranium 235 enrichi à 96 %. En cas de désintégration atmosphérique, ce matériau pourrait libérer des particules radioactives. Selon les estimations de la NASA, le satellite ne devrait pas rentrer dans l’atmosphère avant plusieurs siècles. Même en cas de chute, les débris mettraient environ 2 000 ans à se désintégrer naturellement.
Aucun mécanisme de récupération n’a été prévu. Le réacteur, toujours intact, reste une source de préoccupation pour les experts en débris spatiaux. Sa trajectoire est stable, mais imprévisible à très long terme.
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Un héritage spatial sans solution
Le SNAP-10A n’est pas le seul objet nucléaire en orbite. D’autres satellites, comme les réacteurs soviétiques de la série RORSAT, ont également laissé des traces radioactives dans l’espace. Mais contrairement à ces derniers, qui ont parfois dispersé du sodium-potassium liquide, le SNAP-10A reste un bloc solide, moins susceptible de contaminer l’atmosphère.
Aucun traité international ne régit spécifiquement la gestion des débris nucléaires en orbite. Les États-Unis et la Russie surveillent ces objets, mais aucune technologie actuelle ne permet de les capturer en toute sécurité.
Le SNAP-10A est un rappel que l’espace, comme la Terre, a ses propres déchets durables. Et contrairement aux épaves terrestres, ceux-là n’ont pas de date de péremption.


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