The Sinking City 2 : un Resident Evil des années 1920, mais sans l’âme

The Sinking City 2 : un Resident Evil des années 1920, mais sans l’âme
Source : Gamekult

The Sinking City 2 abandonne l’enquête et l’open world du premier opus pour se muer en survival horror linéaire, calqué sur Resident Evil. Résultat : un jeu efficace dans ses mécaniques, mais qui peine à justifier son identité lovecraftienne et déçoit par son manque d’ambition narrative.

Un virage radical vers le survival horror

Frogwares a opéré un changement de cap radical. Là où le premier The Sinking City (2019) mêlait enquête libre et horreur lovecraftienne dans une ville inondée en monde ouvert, la suite se recentre sur des environnements fermés, des combats, des puzzles et une gestion d’inventaire inspirée de Resident Evil. Le joueur incarne Calvin Rafferty, un aventurier occulte des années 1920, déterminé à sauver sa partenaire Faye Bennett, plongée dans un coma surnaturel après un rituel mal maîtrisé.

L’action se déroule à Arkham — une ville fictive chérie de Lovecraft, et non l’asile de Batman. Les rues, presque entièrement évacuées, sont désormais le terrain de jeu de créatures vermiformes qui animent les cadavres. Le jeu se structure en trois zones principales (la ville inondée, un hôpital, un marché aux poissons), explorées de manière linéaire, sans retour en arrière possible. Les combats, plus dynamiques que dans le premier opus, intègrent une esquive et des ennemis à abattre en exploitant leurs points faibles, comme les pustules ou les yeux. Mais l’absence de variété dans les armes (pas de grenades, des attaques de mêlée inefficaces) et la répétition des affrontements finissent par lasser.

L’enquête sacrifiée, l’ambiance noyée

Frogwares, connu pour ses jeux Sherlock Holmes, a réduit la dimension enquête à une peau de chagrin. Les « enquêtes » se résument à des puzzles optionnels, souvent liés à des codes ou des objets à associer dans un « palais mental » — une mécanique héritée du premier opus, mais vidée de sa substance. Les indices mènent rarement à des révélations narratives : ils servent surtout à débloquer des serrures ou des coffres. Le jeu abandonne aussi la jauge de folie, pourtant centrale dans l’univers lovecraftien, au profit d’un système de compétences et d’améliorations d’armes peu impactant.

L’ambiance, pourtant soignée (décors humides, mise en scène gothique), est régulièrement brisée par un flux ininterrompu d’ennemis. Les lieux, comme une chambre froide ou des cercueils abandonnés, perdurent à peine à l’écran avant d’être submergés par des vagues de zombies. Les personnages secondaires, comme Corentin le traducteur ou Ma la poissonnière, restent sous-exploités, et les cinématiques peinent à transmettre la tension attendue d’une aventure lovecraftienne. Le scénario, centré sur la relation entre Calvin et Faye, manque de profondeur, et la fin, expéditive, laisse un goût d’inachevé.

Un hommage maladroit à Resident Evil

The Sinking City 2 emprunte sans complexe à Resident Evil : inventaire en grille, New Game Plus avec bonus (munitions infinies, par exemple), et même des boss dont les points faibles rappellent les pires moments de la saga Capcom. Mais là où Resident Evil assume son côté série B, The Sinking City 2 cherche à se prendre au sérieux, sans y parvenir. Le jeu se veut à la fois un hommage aux films de monstres, une romance tragique, une plongée dans la folie lovecraftienne et un récit de guerre — les références à l’invasion russe en Ukraine, vécue par l’équipe de Frogwares pendant le développement, sont d’ailleurs intégrées via des clins d’œil (statistiques sur les blessés de guerre, blessures réelles évoquées dans un hôpital).

« The Sinking City 2 revendique clairement d’être un jeu d’action, mais n’a pas les sensations, la variété d’armes ou d’ennemis, ni la vision pour accomplir ses ambitions. »

Le résultat est un titre qui accumule les idées sans les fusionner. Comme le souligne Gamekult, ces thématiques « se télescopent sans jamais s’imbriquer », et le jeu finit par ressembler à un élève copiant son maître sans en comprendre les leçons.

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Verdict : mieux, mais pas assez

The Sinking City 2 est une amélioration technique par rapport à son prédécesseur : les combats sont plus fluides, les puzzles mieux intégrés, et l’exploration, bien que linéaire, offre quelques moments marquants. Mais en abandonnant ce qui faisait l’originalité du premier jeu (l’enquête, la folie, l’open world), Frogwares signe un titre qui se noie dans ses propres contradictions. Un Resident Evil des années 1920, oui, mais sans l’âme — et sans Lovecraft.

Sources

PC Gamer — The Sinking City 2 review

Gamekult — Test : The Sinking City 2, c'est Resident Evil qui prend l'eau

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