
Resonance : A Plague Tale Legacy troque l’oppression médiévale contre une chasse au trésor en Grèce antique, avec Sophia en héroïne. Le jeu séduit par sa direction artistique et sa bande-son, mais peine à se démarquer des références comme Uncharted ou Assassin’s Creed, au point de s’y noyer.
Un spin-off qui change de cap, mais pas de recette
Asobo Studio quitte Amicia et Hugo pour Sophia, la pirate croisée dans A Plague Tale: Requiem. Le studio bordelais recule de quinze ans dans le temps et déplace l’action en Crète, sur l’île du Minotaure. Exit le survival-horror médiéval : place à l’action-aventure spectaculaire, avec des combats rapprochés, des énigmes environnementales et une exploration plus libre. Sophia, adulte et agile, incarne cette rupture. Elle se bat à l’arme blanche, grimpe, saute, et affronte des ennemis sans la fronde ni l’alchimie d’Amicia.
Le jeu mise sur une durée de vie d’une vingtaine d’heures, un atout pour un titre de cette envergure. Mais cette ambition se paie par des emprunts trop visibles. Les séquences de combat rappellent Uncharted ou Assassin’s Creed, jusqu’aux phases en armure lourde inspirées de la série d’Ubisoft. Les énigmes, souvent basées sur la lumière ou des mécanismes simples, manquent de variété. Pire : certaines séquences, comme les visions de Thésée, cassent le rythme par leur lourdeur.
Une identité visuelle et sonore qui sauve l’aventure
Resonance brille par sa réalisation. Les décors de l’île du Minotaure, entre temples baignés de lumière et grottes mystérieuses, sont somptueux. Venise, où commence l’aventure, offre des plans dignes de peintures réalistes. L’Unreal Engine 5 fait des merveilles, même si le jeu peine à tenir les 60 images par seconde en mode Performance sur PS5 Pro. La bande-son, signée Olivier Derivière, accompagne chaque moment avec justesse, des phases contemplatives aux scènes de tension.
Sophia, personnage central, porte le récit par sa fragilité. Elle doute, pleure, fatigue, et son évolution narrative compense en partie l’absence de profondeur du RPG. Le jeu évite aussi les écueils classiques des aides intrusives : les alliés ne révèlent pas les solutions des énigmes sans l’accord du joueur, une attention rare et appréciable.
À découvrirThe Sinking City 2 : un Resident Evil des années 1920, mais sans l’âme
Un jeu coincé entre deux époques et deux genres
Le scénario, prévisible, alterne entre l’histoire de Sophia et celle de Thésée, avec des révélations bien amenées mais sans révolution. Les personnages secondaires, oubliables, ne suscitent pas l’empathie. Les combats, bien que maîtrisés, souffrent de rigidités : animations trop longues, caméra capricieuse, microsecondes d’arrêt après un coup reçu qui brisent le rythme. La variété des séquences diminue dans le dernier tiers, et l’impression de répétition s’installe.
Resonance retrouve son identité dans sa deuxième moitié, quand l’ambiance redevient oppressante et que la tension remonte. Mais c’est trop tard pour effacer le sentiment d’un jeu qui a perdu de vue ce qui faisait la force de la licence : la vulnérabilité, la terreur, et l’unicité de son univers. Le titre reste un bon jeu d’aventure, mais il donne trop souvent l’impression de jouer à autre chose qu’à un A Plague Tale.
Asobo Studio prend un risque en changeant de protagoniste et de formule. Le pari est à moitié réussi : Resonance offre une aventure immersive, portée par une direction artistique et une bande-son exceptionnelles. Mais en copiant trop les codes des blockbusters du genre, le jeu perd ce qui faisait son originalité. Une tragédie grecque, en somme : celle d’un spin-off qui oublie ses racines.
Sources
Journal du Geek — Test Resonance : A Plague Tale Legacy : bon jeu mais mauvais spin-off
Canard PC — Resonance : A Plague Tale Legacy
PhonAndroid — Resonance: A Plague Tale Legacy est une tragédie grecque made in France
IGN France — Les malheurs de Sophia au cœur de notre test de Resonance : A Plague Tale Legacy


Commentaires 0
Connecte-toi pour participer à la discussion.
Sois le premier à commenter.