
La Commission européenne inflige à Uber une amende record de 825 millions d’euros pour avoir confié à ses algorithmes des décisions critiques sans contrôle humain suffisant. La sanction vise des pratiques jugées illégales dans la gestion des prix, des affectations de chauffeurs et des suspensions de comptes.
Des algorithmes autonomes, une infraction lourde
Uber est sanctionné pour avoir utilisé des systèmes automatisés qui, entre 2020 et 2025, ont pris des décisions sans supervision humaine adéquate. Ces algorithmes fixaient les tarifs, attribuaient les courses aux chauffeurs et suspendaient des comptes — y compris ceux de clients ou de partenaires — sans possibilité de recours transparent. La Commission européenne estime que ces pratiques violent le règlement sur l’intelligence artificielle (AI Act), entré en vigueur en 2024, qui interdit les systèmes autonomes de prise de décision dans des domaines sensibles sans garanties pour les utilisateurs.
L’amende de 825 millions d’euros, la plus élevée jamais prononcée pour ce type de manquement, représente 6 % du chiffre d’affaires mondial d’Uber en 2025. La Commission souligne que l’entreprise a maintenu ces pratiques malgré plusieurs avertissements, y compris une première enquête ouverte en 2023.
Un cadre réglementaire européen strict
L’AI Act européen, adopté en 2024, classe les systèmes de prise de décision automatisée dans les transports et les services numériques comme « à haut risque ». Ces systèmes doivent garantir la transparence, la traçabilité et la possibilité pour les utilisateurs de contester les décisions. Uber a échoué sur ces trois points, selon la Commission, qui a identifié des cas où des chauffeurs ont été exclus du réseau sans explication claire, ou où des tarifs ont été manipulés de manière opaque.
La sanction intervient alors que d’autres pays, comme la Chine, commencent à encadrer la responsabilité des constructeurs en cas d’infractions commises par des véhicules autonomes. En Europe, cette décision pourrait servir de référence pour d’autres plateformes utilisant des algorithmes similaires.
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Réactions et prochaines étapes
Uber a annoncé son intention de faire appel, arguant que ses systèmes respectent les normes en vigueur et que des améliorations ont été apportées depuis 2025. « Nous prenons cette décision très au sérieux et travaillons déjà à renforcer nos processus de conformité », a déclaré un porte-parole de l’entreprise. La Commission, de son côté, a précisé que l’amende devait être payée sous 90 jours, sous peine de majoration.
Cette sanction s’inscrit dans une série de mesures européennes visant à encadrer l’usage de l’IA, comme l’obligation d’étiquetage des contenus générés par IA entrée en vigueur début août 2026.
La décision contre Uber marque un tournant dans l’application du droit européen à l’ère de l’IA. Elle rappelle que les algorithmes, aussi performants soient-ils, ne peuvent se substituer à des processus décisionnels humains sans cadre strict — un message qui résonne bien au-delà du secteur des transports.


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