
Les constructeurs automobiles chinois investissent massivement dans les robots humanoïdes, avec des levées de fonds records et des projets concrets. L’objectif : diversifier leurs revenus face à des marges automobiles en baisse.
Des milliards pour l’IA incarnée
La filiale robotique de Xpeng a levé plus de 900 millions de dollars en août 2026, valorisant l’entreprise à plus de 6,3 milliards. Ce tour de table, mené par IDG Capital avec Tencent, Alibaba et Gaorong Ventures, est présenté comme le plus important jamais réalisé en Chine dans le secteur de l’IA incarnée — ces systèmes où l’intelligence artificielle est intégrée à des machines physiques.
Le fondateur de Xpeng, He Xiaopeng, et son co-président Brian Gu ont personnellement injecté 100 millions de dollars dans cette levée. Leur pari : le robot Iron, conçu pour un déploiement commercial, pourrait générer des marges bien supérieures à celles de l’automobile, jugées trop faibles à court terme.
L’automobile chinoise se reconvertit
Xpeng n’est pas seul. AiMOGA, la division robotique de Chery Automobile, prépare une introduction en Bourse. BYD a dévoilé Xiao Di, un humanoïde, tandis que Changan, GAC, Li Auto, SAIC et Seres développent leurs propres modèles. Ces constructeurs misent sur leur savoir-faire industriel pour rattraper Tesla sur l’IA.
« Ils ont tout le matériel pour y arriver. La question est de savoir s’ils peuvent rivaliser avec Tesla sur l’IA. » — Michael Dunne, PDG de Dunne Insights
À découvrirRobots humanoïdes : un modèle chinois dépasse la vitesse d’Usain Bolt, mais avec des limites
Un marché encore en construction
En 2025, près de 90 % des 13 000 robots bipèdes livrés dans le monde provenaient de Chine. Pourtant, les défis persistent : autonomie limitée, prix élevés, et des doutes sur l’utilité réelle de la forme humanoïde. Les démonstrations spectaculaires, comme des robots effectuant des arts martiaux ou des saltos, séduisent le public, mais leur déploiement industriel reste marginal.
Les experts soulignent que remplacer des emplois humains à court terme est improbable, malgré des prototypes capables de plier du linge, de servir en caisse ou de courir plus vite qu’Usain Bolt. Un modèle chinois a déjà franchi ce cap.
La Chine mise sur l’IA incarnée comme levier de croissance, mais le passage de la démonstration à l’usage concret prendra du temps. Les constructeurs automobiles, habitués aux chaînes de production, pourraient bien être ceux qui accélèrent la transition.



Commentaires 0
Connecte-toi pour participer à la discussion.
Sois le premier à commenter.