
Le 5 août 2026, un étage supérieur de fusée Falcon 9 de SpaceX s’est écrasé sur la Lune à 8 700 km/h. Le panache de poussière projeté aurait pu être observable depuis la Terre, notamment depuis l’Amérique du Sud.
Un impact prévu et documenté
L’étage supérieur de la fusée, d’une masse de 4 tonnes, avait été lancé le 15 janvier 2025 pour transporter deux atterrisseurs lunaires privés : Blue Ghost 1 (Firefly Aerospace) et Resilience (ispace). Après sa mission, il est resté en orbite instable autour de la Terre pendant 19 mois, avant de se diriger vers la Lune. L’impact a eu lieu près du cratère Einstein, sur la face visible, à 08h35 (heure de Paris).
La vitesse d’impact était de 2,43 km/s (8 700 km/h), avec un angle de 34 degrés par rapport à la verticale. L’énergie libérée équivalait à trois tonnes de TNT. Selon les simulations du Laboratoire national de Los Alamos, l’étage a soulevé entre 150 et 200 fois sa propre masse en régolithe (poussière lunaire), soit environ 1,12 million de kilogrammes. Les fragments les plus hauts ont atteint 1,5 km d’altitude, et les éjectas les plus rapides ont pu retomber jusqu’à 1 000 km du point d’impact.
Un cratère et un panache observés
Le cratère formé mesure entre 18 et 30 mètres de diamètre pour 3,5 à 5 mètres de profondeur. Les premières images ont été capturées par l’orbiteur coréen Danuri, qui a survolé la zone avant et après l’impact. L’Observatoire du Cerro Paranal (Chili) a détecté des raies spectrales de sodium et de lithium gazeux dans le panache de poussière, visible pendant 5 à 10 minutes après la collision.
Les télescopes terrestres, comme le Very Large Telescope ou celui d’Apache Point, ont tenté de capter le panache depuis l’Amérique du Sud, où la nuit régnait encore. En France, l’observation directe était quasi impossible en raison de la lumière du jour. Les images détaillées du cratère, prises par le Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA, sont attendues sous une à deux semaines.
À découvrirLa NASA photographie le cratère laissé par un étage de Falcon 9 sur la Lune
Pourquoi cet impact intéresse les scientifiques
Cet événement offre une opportunité rare d’étudier les effets d’un impact à haute vitesse sur la Lune. Les données recueillies permettront de tester les modèles de formation de cratères, de projection de débris et de propagation d’ondes de choc. Ces connaissances sont cruciales pour concevoir des atterrisseurs et des bases lunaires plus sûrs, dans le cadre du programme Artemis de la NASA.
L’analyse du panache de poussière, composé de régolithe et de matériaux de la fusée, aide aussi à comprendre la composition du sol lunaire. Les résultats détaillés sont disponibles dans l’étude publiée sur arXiv par l’équipe du Laboratoire national de Los Alamos.
Si l’impact n’a pas été spectaculaire pour le grand public, il marque une étape pour la recherche spatiale. Les débris en orbite, même abandonnés, peuvent devenir des outils scientifiques inattendus.



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