La France lance seule son avion de combat, le Rafale F5, pour 2034

La France lance seule son avion de combat, le Rafale F5, pour 2034
Source : Science & Vie

Le programme européen SCAF est abandonné. La France développe désormais son propre avion de combat, le Rafale F5, avec une entrée en service prévue entre 2033 et 2035.

L’échec du SCAF et le virage français

En juin 2026, le projet SCAF (Système de Combat Aérien du Futur), censé unifier les efforts de la France, de l’Allemagne et de l’Espagne, a été abandonné. Les désaccords industriels entre Dassault Aviation et Airbus, représentant respectivement les intérêts français et germano-espagnols, ont rendu impossible toute gouvernance commune. Impossible de concilier les visions : le partage des tâches et le leadership sont restés des points de blocage insurmontables.

Face à cet échec, Dassault Aviation a annoncé, par la voix de son PDG Éric Trappier, le développement en solitaire du Rafale F5, surnommé « Super Rafale ». Ce nouvel appareil répond à une demande explicite des armées françaises, tout en capitalisant sur l’héritage du Rafale actuel, déjà exporté avec succès.

Un calendrier serré et des ambitions claires

Le Rafale F5 doit entrer en service entre 2033 et 2035, avec un premier escadron opérationnel prévu à Luxeuil-Saint-Sauveur vers 2036. Ce calendrier reflète l’urgence stratégique : assurer la continuité de la dissuasion nucléaire aéroportée, notamment avec le futur missile ASN4G (Air-Sol Nucléaire de 4ᵉ Génération), successeur de l’ASMPA-R.

Technologiquement, le F5 intégrera des innovations majeures : un nouveau radar, une suite de guerre électronique SPECTRA améliorée, et la capacité de contrôler des drones de combat comme le démonstrateur nEUROn. Il s’agira aussi du porteur du missile hypersonique ASN4G, garantissant la pérennité de la composante aérienne de la dissuasion française.

Souveraineté avant tout

Ce choix solitaire s’inscrit dans une tradition française d’indépendance stratégique. Éric Trappier a réaffirmé la capacité de Dassault à concevoir seul un avion de combat de premier rang, sans partenariat européen élargi. La porte reste ouverte à des coopérations ponctuelles sur des briques technologiques, mais le pilotage du projet restera 100 % français.

L’avantage est double : éviter les blocages liés aux négociations multipartites, comme ceux qui ont scellé le sort du SCAF, et s’affranchir des contraintes politiques ou industrielles des partenaires étrangers. Un atout majeur pour l’exportation, où Dassault vise une commercialisation dès 2035.

« Dassault Aviation est capable de concevoir seule un avion de combat, sans besoin de se regrouper capitalistiquement avec d’autres constructeurs. » — Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation
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Ce que ça change

La France mise sur son expertise historique plutôt que sur une mutualisation des ressources européennes. Ce pari assume un risque : renoncer, au moins temporairement, à l’idéal d’une Europe de la défense unifiée. Le Rafale F5 devra prouver sa compétitivité face à la concurrence internationale, notamment américaine et chinoise, d’ici une décennie.

Le virage est pris. Après l’échec du SCAF, la France accélère seule sur son avion de combat, avec un objectif clair : maintenir sa souveraineté et son avance technologique. Reste à voir si ce choix, aujourd’hui pragmatique, sera aussi payant à long terme.

Sources

Génération NT — Le Super Rafale F5 est officiel : Dassault prépare l'avion de combat du futur sans l'Europe

Sciencepost — On pensait l’avion de combat européen inévitable : la France en construira un seule, prêt vers 2034

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